88 % des DAF souhaitent décloisonner leur entreprise afin de la rendre plus agile et collaborative. C’est une des conclusions de l’étude réalisée par le cabinet d’études Harris Insights and Analytics pour l’éditeur Anaplan. Ce résultat est notamment dû à plus de deux années de pandémie, durant lesquelles les entreprises et leurs DAF ont dû s’adapter au mieux aux circonstances. (Photo : Unsplash / Jason Goodman)

Deux ans après le début de la pandémie, l’éditeur de solutions de gestion RH et finance Anaplan fait le bilan avec l’étude « architectes du changement opérationnel : réveiller le potentiel du DAF moderne » commandée auprès du cabinet d’étude Harris Insights and Analytics. Elle révèle que 82 % des DAF estiment qu’une meilleure communication entre les différentes directions aurait limité les problèmes liés notamment au télétravail et au travail hybride. Selon l’étude, les directions générales ont tout intérêt à décloisonner leur processus de planification au cours duquel les données provenant de toute l’entreprise sont analysées et transformées en actions stratégiques, afin de rendre l’entreprise plus agile. Un point sur lequel 88 % des DAF interrogés sont d’accord.

Actuellement, l’enquête montre que la France, avec les Etats-Unis, est le pays où les entreprises sont les plus cloisonnées, empêchant ainsi la mise en place d’une stratégie plus globale. Pour atteindre leur but, l’agilité et le décloisonnement, 47 % des DAF comptent en priorité sur des outils numériques et sur la collecte et l’analyse des données afin de mieux anticiper le changement, et donc de mieux s’y préparer, ainsi que pour simuler de multiples scénarios tels que différentes allocations des budgets.

Une différence de perception

D’un point de vue plus « humain », le Covid a mis en lumière un sujet pour le moins inattendu : les DAF ont tendance à sous-estimer leur importance dans l’entreprise. Tandis que 86 % des salariés admettent que leur DAF les a aidés dans la résolution de leurs problèmes, 85 % des directeurs financiers pensent la même chose. Une différence minime, mais qui existe. De même, 85 % de leurs collaborateurs déclarent que les DAF comprennent leurs réalités et difficultés opérationnelles, contre 82 % pour les concernés. Seuls 10 % des directeurs financiers se considèrent comme inspirants pourtant, 37 % de leurs collègues les qualifient comme tels. Et alors que 45 % des employés trouvent que les DAF ont une fonction stratégique dans l’entreprise, seuls 32 % d’entre eux sont d’accord.

Finalement, l’étude démontre que les collaborateurs des DAF les couvrent presque toujours plus d’éloges qu’eux-mêmes. Et cette différence de perception s’aggrave lorsqu’il s’agit de leur importance dans l’implémentation et le pilotage d’une stratégie RSE. Tandis que 78 % des directeurs financiers se considèrent comme les moins efficaces dans le domaine, le reste de l’entreprise, salariés et équipe de directions mélangés, estime qu’il s’agit en réalité de l’un de leurs trois défis principaux.

Clémence Tingry

L’étude « Architectes du changement opérationnel : réveiller le potentielle du DAF moderne », a été menée par le cabinet d’études Harris Insights and Analytics. Les questionnaires ont été envoyé en ligne dans sept pays différents : États-Unis, Royaume-Uni, Australie, France, Allemagne, Japon et Singapour, entre le 1er et le 11 mars 2022. 710 personnes ont été interrogé, dont 178 directeurs financiers et 532 employés de niveau senior occupant des fonctions dans les domaines de la finance, de la chaîne d’approvisionnement, des ventes et du marketing.